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 Les filles des rues du Maroc

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MessageSujet: Les filles des rues du Maroc   Mer 9 Juil - 22:35

Citation :
Les filles des rues du Maroc Crying or Very sad

Les enfants des rues, ce n'est pas que des garçons. C'est de plus en plus, des filles aussi. A huit ans ou a quinze ans, des jeunes filles vendent aussi des kleenex et des chewing gums aux feux rouges, quand elles ne se prostituent pas pour une bouchée de pain. Embarassed

Gare Oulad Ziane. Nul autre endroit a Casablanca ne permet autant de mesurer l'ampleur de l'exode rural vers la grande ville. Tous les jours et a toute heure, l'esplanade ou sont garés des dizaines de bus grouille. Des hommes et des femmes, fuyant les villes et les villages devenus pour eux sans ressources, viennent a la conquete de l'eldorado casablancais. Les attendant sur place, des commerces en tous genres, des ferrachas, des "vendeurs de tout" ambulants, des cireurs de chaussures, des chauffeurs de taxi…

C'est la que Bayti, association pour la protection des enfants en difficulté, a choisi d'ouvrir un bureau d'écoute il y a déja trois ans. Un petit local que la mouqatâa, sise a l'intérieur meme de la gare, a bien voulu preter. Affectés sur place, Rachid Ajidar et Hajiba Cherqaoui sont la quotidiennement. Tous les matins, Rachid, avant de rejoindre son bureau, fait la tournée des lieux, inspecte les coins et recoins de la gare et demande aux chauffeurs des bus, aux serveurs dans les cafés "s'il n'y a pas du nouveau" : "La gare d'Oulad Ziane est un point de repere tres important pour nous. C'est ici que débarquent pour la premiere fois les enfants qui viennent du rural, que leurs parents envoient travailler, ou qui fuient la misere des campagnes. Des qu'ils sont en difficulté, c'est ici qu'ils reviennent, espérant trouver quelqu'un qui les aide a rentrer chez eux", explique Rachid. Des enfants fuyant des employeurs violents, Rachid et Hajiba en reçoivent régulierement. Comme ils en reçoivent d'autres, définitivement happés par la rue : "Il y a toute sorte de réseaux qui operent ici a Oulad Zyane. Des réseaux de mendicité organisée ou de prostitution qui recrutent des enfants a partir de 10 ans. En venant ici, un gamin sait qu'il y aura toujours quelqu'un pour lui proposer un moyen d'avoir 5 ou 10 DH pour acheter un bout de pain ou pour sniffer" Evil or Very Mad Evil or Very Mad , et en trois ans d'exercice a la gare, Hajiba et Rachid sont unanimes : parmi les enfants qu'ils reçoivent, le nombre de filles ne cesse d'augmenter. De 8 a 18 ans, elles ont presque toutes le meme profil. Celui de bonnes "vendues" par des parents a des employeurs aisés, contre 300 a 400 DH par mois. Des filles ne sachant souvent ni lire ni écrire, esclaves pendant un mois ou un an dans une famille qui les maltraite, et qui finissent par fuir : "les plus chanceuses sont dirigées vers notre bureau". Mais il n'y a pas que les petites bonnes, précise Hajiba : "beaucoup de filles quittent le domicile parental, parce qu'un pere ou un beau-pere est violent, parce qu'une mere est alcoolique ou prostituée, ou parce que simplement, la misere des parents fait que de plus en plus, les filles, comme les garçons, sont livrées a elles-meme et que tres tôt, elles doivent aussi ramener de l'argent a la maison. Ce sont toutes ces filles que vous voyez dans les rues de Casablanca, vendre des chewing-gums, des fleurs, des kleenex, cela quand elles ne mendient pas".
Omar Saâdoun, connaît bien le probleme. Depuis dix ans, il travaille a Bayti. Aujourd'hui, il est responsable des programmes rues, et les filles en situation difficile, c'est devenu l'une de ses préoccupations majeures : "une fille qui se retrouve a la rue sans ressources risque a tout moment d'etre victime d'abus sexuels, par un vendeur ambulant, un chauffeur de bus ou de taxi. Elle suivra le premier qui lui proposera un endroit ou dormir et de la nourriture". Quand elles ne sont pas abusées, beaucoup sont initiées a la prostitution par des filles plus âgées. A Bayti, on ne peut etre plus clair : "ces filles, c'est pour nous une urgence. Ce sont toutes des meres célibataires potentielles, donc, d'autres enfants qui vont grandir dans la rue"…
Rachid Ajidar feuillette ses dossiers : 20% des enfants en situation difficile qui arrivent dans son bureau sont des filles. Celle-ci a 15 ans et vient de Khénifra. Elle était battue par ses parents. Celle-la a 12 ans et vient de Sidi Slimane. Elle a suivi une cousine plus âgée qui lui promettait un monde meilleur a Casablanca. La cousine est maintenant prostituée, elle, a mendié pendant quelques jours a Oulad Zyane et, prise en charge par Bayti, a fini par rentrer au bercail. Quant a Houda, elle est arrivée enceinte, a accouché et refuse de laisser son enfant dans un orphelinat. Elle mendie avec depuis quelques mois et passe ses nuits dans un cimetiere, assise dans un café de la gare, ou chez " un client ", qui accepte de l'héberger en échange de rapports sexuels.

A la recherche de Fatéma-Zohra

Port de Casablanca. Omar Saâdoun est un habitué des lieux. Des enfants, mouchoirs imbibés de colle contre le nez, viennent vers lui. Il achete a celui-ci du lait et du pain, propose a l'autre d'aller a l'un des centres de Bayti : "Ceux-la, explique Omar, ce sont les accros a la rue. Ils ne veulent aller ni dans des foyers ni chez leurs parents. La rue les a définitivement happés. De temps en temps, ils viennent vers nous, quand ils ont faim ou froid". Au port, ils travaillent, portent des cageots de poisson, contre quelques dirhams pour sniffer… Fatéma-Zohra est la, entourée de trois grands gaillards. Le port, c'est son lieu de travail (elle nettoie des sardines), sa maison, comme celle de sa petite sour. Elle a 17 ans et fait partie des "total-rue", terme utilisé a l'association Bayti pour désigner les enfants sans domicile fixe. Elle dort dans des barques ou au coin d'un bâtiment depuis plusieurs années déja : "Le pere qui ne travaillait pas, ne pouvait plus payer de loyer. Toute la famille s'est retrouvée a la rue. La mere a disparu dans la nature et les filles ont été livrées a elles-memes", raconte Omar. Fatéma-Zohra a du s'adapter a sa nouvelle vie… : "elles sont rares a etre comme elles. C'est-a-dire a fréquenter les bandes de garçons, a vivre comme eux, a faire les memes petits métiers qu'eux pour gagner leur vie". Fatéma-Zohra se laisse a peine approcher. Cheveux colorés en queue de cheval, jean et t-shirt, elle a l'allure et la démarche d'un garçon. Sa vie, meme pour l'éducateur de Bayti, reste un mystere. Est-ce qu'elle s'est prostituée ? Est-ce qu'elle a été abusée ? Est-ce qu'elle l'est encore par les garçons qu'elle fréquente ? Elle ne le dira peut-etre jamais. Aujourd'hui, elle est pressée. Elle a du travail qui l'attend : "les filles se confient beaucoup moins que les garçons. Ce que l'on sait de Fatéma-Zohra, c'est qu'elle fait partie des rares filles total-rue, dont beaucoup, comme les garçons, se shootent a coup de colle et de qarqoubi". Omar se souvient encore de cette fille chef de bande, que tous les garçons craignaient : "elle fait partie des premieres qu'on a rencontrées et qui nous ont fait prendre conscience du phénomene des filles des rues". C'était en 1997 et a l'époque, on pensait encore, qu'etre un enfant des rues, c'était le propre des garçons…

Un phénomene en recrudescence

Depuis, les choses en changé. Amina El Malih, chargée des programmes a Bayti se souvient des premiers cas de filles en difficulté qu'elle a eu a traiter : trois petites bonnes, trois meres célibataires et une petite fille souffrant d'un retard mental. C'était il y a sept ans. En 2004, 363 cas de filles des rues ont été traités par Bayti sur 496 garçons… Presque le meme nombre : "Mais attention. De maniere générale, filles et garçons des rues n'ont pas le meme mode de vie. Les filles vivent de la rue plus qu'elle n'y vivent. La plupart, la nuit tombée, rentrent chez leurs parents, ou dans des chambres louées a plusieurs. Quand elles n'ont pas ou aller, elles cherchent des endroits surs : des cafés qui ouvrent 24h/24, des endroits fréquentés comme la gare Oulad Zyane, alors que les garçons peuvent squatter n'importe ou", précise Amina El Malih. Comme les garçons pourtant, elles craignent la meme chose : les rafles de police. Celles qui se prostituent ont appris a acheter leur tranquillité a coups de 20 ou 50 dirhams donnés aux policiers. Les plus démunies sont emmenées au poste, puis au tribunal, sont jugées pour vagabondage (un délit au Maroc) et mises dans des centres de détention pour enfants quand elles sont mineures. Les petits bonnes fuyant des employeurs violents ou abusées sexuellement font partie de ce triste lot."Il faut néanmoins tempérer, souligne Omar Saâdoun. Depuis deux ans, la police de maniere générale collabore avec nous et des enfants raflés sont amenés ici a Bayti. Dont beaucoup de filles, puisque la police a pris conscience que dans la rue, elles sont beaucoup plus en danger que les garçons"…
Centre-ville, fin de la journée. Deux adolescentes arpentent l'une des grandes arteres de Casablanca, proposant aux automobilistes des kleenex et des chewing gums. Elles ont 13 et 15 ans. Voyant Omar s'approcher, elles prennent la fuite : "T'es un flic ?". Omar les rassure et la plus jeune s'arrete : "Bien-sur que je vais a l'école, mais aujourd'hui, l'instit est malade. Je te le jure…Je vends des chewing-gums pour aider ma famille. L'argent que je gagne, il n'est pas pour moi. C'est pareil pour ma copine…". Omar commente : "ça commence souvent ainsi. Sauf que souvent, c'est le début de la descente aux enfers. Drogue, exploitation sexuelle, IST. Difficile alors de les en sortir…". La nuit tombe et les filles sont au meme feu rouge. Il est 20h et elles sont quatre maintenant…


Pendant ce temps la Mimi6 est sur son Jet Ski Evil or Very Mad Evil or Very Mad

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MessageSujet: Re: Les filles des rues du Maroc   Lun 14 Juil - 7:26

Une photo extraite d'une enquête réalisée par Choc Hebdo (n'80) (l'enquête est sur le forum, des scans de bonne qualité)
Une image qui nous renseigne sur le vieux métier du monde au maroc. Le journaliste souligne que la prostituée vit chez sa mère (complice). Donc ce phénomène ne dérange pas la bas!
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les filles des rues du Maroc   Lun 14 Juil - 14:52

ces révoltant Evil or Very Mad

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MessageSujet: Re: Les filles des rues du Maroc   Lun 14 Juil - 16:04

Qu'est-ce qui c'est passé ?....dans quelle condition cette photo a était prise ?, c'est le journaliste qu'on voit partir aprés avoir fait son travail jusqu'au bout . pig
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MessageSujet: Re: Les filles des rues du Maroc   Lun 14 Juil - 21:43

sandaryo a écrit:
Qu'est-ce qui c'est passé ?....dans quelle condition cette photo a était prise ?, c'est le journaliste qu'on voit partir aprés avoir fait son travail jusqu'au bout . pig
ha c'est journalistes français ils suscitent l'admiration , ils font leurs boulot jusqu'au bout et a n'importe qu'elle prix drunken

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MessageSujet: Re: Les filles des rues du Maroc   Lun 14 Juil - 22:58

sandaryo a écrit:
Qu'est-ce qui c'est passé ?....dans quelle condition cette photo a était prise ?, c'est le journaliste qu'on voit partir aprés avoir fait son travail jusqu'au bout . pig

Un avant gout
Spoiler:
 

Tu peux avoir d'amples info si tu suis ce lien ENQUÊTE
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